Cinéma

LA FIGURE PATERNELLE DANS LE MCU : JE SUIS (TU HAIS) TON PÈRE !

Depuis le rachat de la Maison aux Idées par Disney en 2009, les questions d’héritage et de filiation semblent régir l’ensemble du Marvel Cinematic Universe (MCU). S’appuyant sur une galerie de personnages de pères tour à tour étouffants ou absents, défaillants ou responsables, protecteurs ou manipulateurs, bienveillants ou monstrueux, Marvel a fait le choix de construire toutes ses histoires - sans exception - autour de la confrontation aux figures paternelles. Un moyen aussi ingénieux qu’audacieux de s’adresser à la fois aux pères, élevés aux comics et à la pop culture - qui constituent la base de leur public - et à leurs enfants, dans le but de poser les fondations d’un imaginaire partagé et intergénérationnel, qui assurera le succès pérenne des franchises.

BREAKING DADS : LA MORT TÉLÉVISUELLE DU PATRIARCAT

2015 a signé la mort symbolique du modèle paternel popularisé par les divertissements familiaux télévisuels. Bill Cosby et Stephen Collins, les patriarches chéris de générations entières biberonnées au petit écran, ont détruit leur personnalité publique à la disgrâce de scandales sexuels à peine concevables et encore moins pardonnables. Les repères s’effondrent, et avec eux, le confort rassurant de séries soudainement flanquées d’une aura glauque. Les multi rediffusions s’arrêtent nettes, laissent un vide béant. Fort heureusement, depuis l’infanticide originel de Twin Peaks, les plus grandes séries contemporaines nous préparent à la décomposition du patriarcat.

APATOW, MODE D’EMPLOI

Cinématographiquement, il existe deux Judd Apatow. L'auteur dramaticomique aux fortes inclinations autofictionnelles, et le Pygmalion virtuose de plusieurs générations de comédiens. Partant de cette observation, la question s'installe, pernicieuse : Et si Judd Apatow était meilleur producteur qu'auteur ?