LE MOUTARD #1 : UNE JOURNÉE À LA PLAGE

1. NE JAMAIS PRÉVOIR D’HEURE DE DÉPART

Cela ne sert évidemment à rien. Le nombre d’enfants multiplie le nombre de faux départs, c’est ma-thé-ma-tique. Une couche à changer, une tong de perdue – aucune de retrouvée – un(e) ado scotché(e) à son portable… Quelle que soit la configuration, vous aurez toujours à gérer plusieurs préoccupations totalement contradictoires en même temps, à chaque fois pile au moment de partir. Avant même que la journée ne commence, vous êtes déjà sur les rotules. Petite précision, il est totalement inutile dans l’espoir d’accélérer les choses, de répéter Ad libitum « Les enfants je vous préviens, si on n’est pas partis dans une demie heure, il y aura tellement de monde qu’on ne pourra même plus étaler notre serviette sur la plage ! » Rires. Autrement dit, il fait grand beau et vous allez à la plage en famille.

2. S’ARMER DE PATIENCE 

Ne pas oublier que la plage à midi, c’est pire que le RER à l’heure de pointe. Comptez environ une bonne heure de voiture pour accéder à cette plage, pourtant vendue à deux pas de votre Airbnb. Il fait déjà une chaleur de plomb et la voiture déborde de toute part, le trajet est aussi facile à supporter qu’un prime d’Hanouna. Dès lors, le choix d’emporter déjà gonflée la bouée géante en forme de crocodile laisse perplexe. Point positif dans le rétro, vous ne voyez plus qu’une masse de plastique vert qui donne un écho lointain aux geignements enfantins. C’est déjà ça… Après un charmant bouchon très “bord de mer en plein pic estival“, on vous prédit une bonne grosse galère pour trouver une place, finalement dans un parking hors de prix. Joie.

3. ADIEU FARNIENTE, BRONZETTE, DÉTENTE…

Une fois arrivé, votre mission si vous l’acceptez sera de trouver un mètre carré de plage nu, enfin libre, sans gros monsieur tout nu ! Bonne chance. Vous vouliez vous reposer ? Vous cumulez finalement plusieurs jobs d’été à temps plein, à commencer par celui de sherpa. Apparemment, votre mort programmée n’émeut personne, tout votre petit monde est déjà au paradis. Vous, vous êtes définitivement en enfer au moment où, un court instant vous avez une pensée émue pour une bonne vieille réunion de boulot… Très vite, vous comprenez  que vous n’aurez jamais le prix Nobel, confronté à l’équation insoluble à deux inconnues de la plage « Pas de soleil : problème, Pas d’ombre : Problème». Et vous pestez de ne pas avoir emmené avec vous votre exemplaire de Comment planter un parasol pour les nuls. 

4. LE SABLE EST TON PIRE ENNEMI

À part votre voisin de serviette qui insulte vos enfants parce qu’ils font du bruit et lui balancent du sable dessus, et qui vous donne des conseils d’éducation. Si le contentieux peut être réglé pour de bon avec une quille de Mölkky, le sable lui est plus fourbe. Et bien plus fort que vous, surtout si vous avez des enfants en bas-âge. C’est crade, ça pue, ça colle à la crème solaire et ça s’insinue sournoisement partout, des fesses à la bouche du bébé, en passant par le nez et les oreilles. Mention spéciale pour le combo maléfique eau de mer salée qui pique + sable qui gratte. Du sable qui malgré vos nombreuses recommandations, se retrouvera un peu partout à l’intérieur de votre voiture. Retrouver plusieurs semaines après le retour des vacances, de petites traces de sable partout à la maison fait d’ailleurs partie des plus terrifiantes légendes urbaines.

5. PRÉVOIR DES ACTIVITÉS LUDIQUES

Car les enfants, ça s’ennuie. Surtout quand ils n’ont pas le droit d’aller à l’eau juste après avoir mangé. Ils ne savent ou ne peuvent pas attendre. Et vous feront payer ça un moment ou un autre «J’ai chaud, j’en ai marre, j’aime pas le sable». Nota bene : Ne retourner à la plage que quand les enfants seront à la fac…Vous qui rêvez de faire Koh-Lanta, sortir indemne de cette journée sera votre épreuve des poteaux. Pour les occuper, un conseil : du classique, du classique, rien que du classique ! Toute improvisation est rédhibitoire, et peut même se révéler cauchemardesque. Comme on perd à peu près tout, du bouchon de tube de crème solaire au portable, enfouir un à un les dinosaures de votre fils aux quatre coins de la plage dans l’espoir de l’occuper un moment au jeu du paléontologue, relève soit du pur masochisme, soit de l’insouciance la plus crasse. Phrase toute faite à utiliser néanmoins en cas de perte : « En même temps, les dinosaures ont disparu depuis 60 millions d’années. Alors, un de plus ou un de moins… ». Pas sûr que ça marche… Pas question non plus de tenter l’expérience cuisson au soleil en mode Furyo, enlisé jusqu’au cou alors que tout le monde vous a lâchement abandonné à votre sort pour aller faire trempouille. Prenez les devants : cette fois, Papa enterre les gosses dans le sable (sous un parasol et après leur avoir donné à boire pour éviter l’infanticide évidemment). Objectif passer une demie-heure tranquille. Et leur inculquer une vraie leçon de vie : ici comme chez Clint, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Eux, ils creusent.


CONCLUSION

La plage, fallait pas y aller ! 

Et sinon, la montagne, c’est comment ?

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