Culture Pop

LES CAHIERS D’ESTHER DE RIAD SATTOUF : JOURNAL INTIME D’UNE ÉPOQUE

Dans Les Cahiers d’Esther, Riad Sattouf met en scène la vraie vie d’une fille d’amis, dont on va suivre le quotidien, quasiment en temps réél, jusqu’à ses 18 ans. Dans le troisième tome qui compile une année de chroniques hebdomadaires prépubliées dans l’Obs, Esther a 12 ans, l’année de l’entrée au collège, du premier téléphone portable et de la découverte de la politique, entre un frère complotiste, un père mélenchoniste et une mamie lepéniste. 

LE RAP, ART MÉPRISÉ

Sous-culture de gangsters, langage d’illettrés, apologie de la femme-objet... Depuis ses débuts en France, le rap est stigmatisé et désigné comme responsable de nombreux maux de notre société. Pourtant, cette musique à la langue riche et hybride est avant tout un art en soi qui a toute sa place dans la culture populaire.

LE PETIT CHEMIN CAILLOUTEUX : AFFREUX, SALCH ET MÉCHANT

« Eric Salch salit tout  ! » C’est son pote Manu Larcenet qui le dit dans un face à face hilarant avec le père de son pote dans Les Branleurs, cadavre très exquis écrit à quatre mains autour de l’angoisse de la page blanche. Entre deux Lookbook, paragon d’humour trash, jouissif et premier degré où il dézingue à tout va les tribus et stéréotypes contemporains, Salch signe un récit autobiographique férocement drôle où il met en scène son quotidien de père divorcé, livré à lui-même et à l’ennui pendant des vacances en Corrèze. Il découvrira que si la vie de famille n’est pas un long fleuve tranquille, elle prend tout son sens quand on se balade sur un Petit chemin caillouteux. 

DIDIER TRONCHET : SEUL AU MONDE (OU PRESQUE)

L’auteur de bandes dessinées Didier Tronchet  est parti vivre six mois avec son fils sur l’Ile de la Natte au large de Madagascar « avec la ferme intention de vivre sans les béquilles que la société moderne fait passer pour indispensables» et certain de passer sereinement avec Antoine, le cap réputé difficile de l’adolescence.  Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu...  Il a tiré de cette expérience une histoire en deux versions, un récit (Robinsons père et fils : A Madagascar, l’île aux Nattes chez Elytis) et un roman graphique pour la revue XXI. 

TU SERAS FOOTBALLEUR, MON FILS !

Ce n’est pas un ordre… Mais ça y ressemble ! La star portugaise du Real Madrid Cristiano Ronaldo, cinq fois Ballon d’Or, ne tergiverse pas à l’heure d’évoquer l’avenir de sa progéniture, Cristiano Junior, sept ans cet été : « Je veux que mon fils devienne un joueur de football. Je pense qu’il possède déjà des qualités d’athlète. Evidemment, il est très jeune mais il aime le football, et ça, c’est déjà un avantage. Il fera ce qu’il voudra, je ne l’obligerai à rien, mais évidemment, je veux que Cristiano soit joueur». L’atavisme se porte très bien dans le ballon en général, et le rond en particulier, merci pour lui. Dresser la liste des pères et fils passés professionnels serait illusoire, tant elle est imposante.

BREAKING DADS : LA MORT TÉLÉVISUELLE DU PATRIARCAT

2015 a signé la mort symbolique du modèle paternel popularisé par les divertissements familiaux télévisuels. Bill Cosby et Stephen Collins, les patriarches chéris de générations entières biberonnées au petit écran, ont détruit leur personnalité publique à la disgrâce de scandales sexuels à peine concevables et encore moins pardonnables. Les repères s’effondrent, et avec eux, le confort rassurant de séries soudainement flanquées d’une aura glauque. Les multi rediffusions s’arrêtent nettes, laissent un vide béant. Fort heureusement, depuis l’infanticide originel de Twin Peaks, les plus grandes séries contemporaines nous préparent à la décomposition du patriarcat.

APATOW, MODE D’EMPLOI

Cinématographiquement, il existe deux Judd Apatow. L'auteur dramaticomique aux fortes inclinations autofictionnelles, et le Pygmalion virtuose de plusieurs générations de comédiens. Partant de cette observation, la question s'installe, pernicieuse : Et si Judd Apatow était meilleur producteur qu'auteur ?