PETIT CATALOGUE DES PEURS ENFANTINES

À chaque âge, sa peur. Si certains enfants sont plus craintifs que d’autres, en fonction de leur tempérament et/ou de leur environnement, presque tous connaissent un jour ou l’autre un moment de peur, certes pas forcément grave, mais jamais anodin. Gros plan sur trois peurs parmi les plus fréquentes.

LA PEUR DE LA SÉPARATION 

C’est la toute première des peurs, du moins de celles que l’on perçoit nettement. Elle apparaît généralement lorsque le bébé atteint huit à dix mois. L’enfant craint alors que son parent disparaisse. Car à ce stade, il n’a pas acquis la conscience de la permanence de l’objet : il ne sait pas que les êtres et les choses qui l’entourent continuent d’exister hors de son champ de vision. En général, cette angoisse de séparation est conjointe à la peur de l’inconnu, car bébé sait différencier les visages connus des autres. Le temps permet normalement au tout petit de s’apaiser, mais on peut l’y aider par quelques gestes simples. Jouer à caché / coucou, ne pas le forcer à aller vers un inconnu ou à découvrir seul un nouvel environnement, emmener son doudou, sa sucette et ses jouets là où il est gardé, le prévenir toujours que l’on va partir… Pour ne surtout pas créer d’effet de surprise. C’est plus confortable pour le parent sur le moment, mais c’est beaucoup plus dur sur le long terme, l’enfant risquant de redouter ce genre de départ qu’il n’attend pas.

LA PEUR DU NOIR

Quand il fait noir, le réel plonge dans l’obscurité. L’imaginaire prend alors le relais et les images défilent… La peur du noir, c’est LE classique des classiques. Elle est bien ancrée et on se la refile comme un gros boulet de génération en génération. C’est une peur archaïque et bien naturelle, à l’heure où tous les repères se confondent et disparaissent, où les jouets et objets de la chambre ne sont plus que des formes imprécises, mutant pour bon nombre d’enfants à l’imaginaire prolifique, en mille et un monstres, plus effrayants et dangereux les uns que les autres. Parce que la peur du noir se respecte, il ne s’agit bien évidemment pas de la gommer, et une petite veilleuse devrait aider l’enfant à passer outre. En revanche, n’anticipons pas sur cette peur en conditionnant l’enfant par un éclairage précoce. La peur du noir n’intervient pas souvent avant deux ans. Mieux vaut donc attendre que l’enfant la formule lui-même. Car peut-être qu’après tout, même s’il y a fort à parier que votre enfant aura forcément peur de quelque chose, ce ne sera pas du noir.

LA PEUR DU LOUP, DES MONSTRES…

Complètement irrationnelle aux yeux d’un bon nombre de parents, la peur du loup (ou des monstres) est l’autre grande peur récurrente qui agite les jeunes enfants, surtout le soir, évidemment. L’erreur serait, en rationalisant, d’y voir un défaut de compréhension, de jugement ou d’intelligence. Car comme le relève la psychologue Jeanne Siaud-Facchin (L’Enfant surdoué, L’aider à grandir, l’aider à réussir), devant ces peurs qu’éprouvent très fréquemment les enfants à haut potentiel intellectuels, « les capacités d’analyse et de compréhension intellectuelles ne sont d’aucun secours pour apaiser les peurs irrationnelles ». Nul ne sert donc ici, de nier l’existence du loup ou monstre en question, ou a contrario, de se saisir d’un loup imaginaire caché sous le lit pour le jeter au dehors… Au risque de laisser penser à l’enfant que oui, il a bien raison de s’inquiéter puisqu’on lui confirme la présence du loup sous son lit ! Pour l’aider à affronter ce type de monstre, écoutez le vous en parler, demandez lui comment ils les imaginent, de fabriquer un spray anti-monstres, proposez lui de les dessiner, de les rendre sympathiques ou rigolos en y ajoutant tel ou tel élément. Bref, il s’agit de se mettre à l’écoute et de chercher ensemble, le moyen d’apprivoiser ces peurs-là aussi.