RÉTROGAMING. Super Nintendo, Sega MegaDrive ou Atari 2600 ? Sous les sapins de 2017, les cadeaux pourraient bien avoir une allure furieusement rétro.

Cette année, certains parents devraient se faire une joie d’offrir à leur progéniture les consoles qu’eux-mêmes avaient fébrilement déballées vingt ou trente ans plus tôt. Les mêmes consoles ou presque car, pour leur retour sur un marché qui semblait pourtant ne jurer que par l’ultra-modernité, les machines à jouer d’hier ont subi une sérieuse cure de jouvence technologique. C’est Nintendo qui a donné le coup d’envoi en lançant à l’automne 2016 une réplique de sa première grande console, la Nintendo Entertainment System sortie à l’origine en 1983. Miniaturisée mais parfaitement jouable et livrée avec trente classiques intégrés (Super Mario Bros, Zelda, Pac-Man, Final Fantasy, Donkey Kong…), cette Nintendo Classic Mini a rencontré un succès foudroyant, avec des pénuries en magasin (malgré 2,3 millions de consoles mises en vente) et des prix qui flambent sur eBay. En attendant sa réédition programmée pour l’été prochain, c’est au tour de la console suivante de la firme japonaise, la Super Nintendo, de subir le même sort avec sa propre version mini lancée fin septembre au prix de 80€ avec une sélection de titres tenant à nouveau du sans faute (Super Mario World, Super Mario Kart, Street Fighter II, Yoshi’s Island, F-Zero…). Le phénomène NES Mini a logiquement donné des idées à d’autres en montrant qu’au-delà des passionnés de l’histoire vidéoludique, le jeu rétro pouvait aussi toucher le grand public. À cela, plusieurs raisons. D’abord, les jeux d’autrefois étaient souvent plus accessibles (à défaut d’être vraiment plus faciles) que ne le sont souvent les grosses productions actuelles. Ensuite, il y a la dimension nostalgique : qui ne relance pas sans un doux pincement au coeur les jeux qui ont bercé son enfance ? Enfin, dans le cas de Nintendo au moins, l’objet lui-même peut-être séduisant – en faire l’acquisition n’implique d’ailleurs pas nécessairement qu’on va y jouer très longtemps.

Conséquence : les autres “clones“ de consoles du passé, distribués jusqu’alors dans une relative discrétion et pas toujours exempts de défauts techniques, gagnent cette année en visibilité. Deux nouvelles versions de l’Atari 2600 de 1977 sont ainsi de sortie : une portable avec écran intégré imitant l’effet “bois“ de la console pionnière (vendue 30€) et une autre, à brancher directement sur la télé, qui reprend la forme de son joystick emblématique (45€). Les deux contiennent les mêmes cinquante jeux pré-installés et si certains hits manquent à l’appel, il y a de quoi s’offrir un délicieux retour vers le passé avec Adventure, Missile Command, Yar’s Revenge ou Super Breakout. Mais Atari ne s’arrête pas là et, parallèlement à ces machines sous licence, prépare une vraie nouvelle console : la mystérieuse Ataribox qui, en plus des anciens jeux devrait en proposer de nouveaux. Aucune date de commercialisation n’a encore été communiquée.

Un autre grand ancien surfe joyeusement sur la vague rétro : Sega. Si la nouvelle gamme de MegaDrive (une portable et deux modèles de salon aux prix compris entre 60 et 90€) suscite une certaine méfiance en raison des antécédents de son fabricant ATGames, le projet Sega Forever se révèle, lui, plus qu’emballant. Son principe : rendre disponibles sur mobiles (gratuitement avec publicités intégrées ou à 2,29€ sans) les classiques de l’éditeur : Sonic, Phantasy Star, Crazy Taxi, Space Harrier II… Si l’écran tactile ne remplacera jamais une vraie manette, il y a quelque chose de touchant à emporter ses héros d’hier avec soi. Dans son sac, dans sa poche, pour tenir au chaud son vieux coeur de gamer.

Erwan Higuinen

La suite de notre dossier consacré aux « PAPA GAMERS » est à lire dans le numéro #2 de daron en vente ici