M ême pour les parents qui connaissent les jeux vidéo, il n’est pas simple de savoir lesquels présenter à son enfant. Il y a bien les pictogrammes PEGI (Pan European Game Information) qui, sur les boîtes des jeux, indiquent en-dessous de quel âge (3, 7, 12, 16 ou 18 ans) leur contenu serait inapproprié, mais ils ne donnent qu’une indication très relative. Certains titres « PEGI 3 » nécessitent par exemple de savoir lire… « PEGI est intéressant pour les parents parce qu’il leur permet de repérer les jeux qui correspondent à leurs valeurs éducatives, estime le psychologue et psychanalyste Yann Leroux, auteur de Les jeux vidéo, ça rend pas idiot (FYP Editions). Il facilite l’identification des jeux qui comportent des contenus violents, sexuels ou grossiers. » Mais il ne dit rien de leur accessibilité. Et possède un autre inconvénient : « Les parents identifient les jeux au contenu négatif, mais pas les autres. Or il existe quantité de jeux vidéo qui comportent un message positif ou qui favorisent les comportements pro-sociaux». 

Les priorités dépendent de l’âge. « Pour les plus jeunes, il est souhaitable de choisir des jeux qui aident à construire des compétences sociales, explique Leroux. Un titre comme Viva Piñata, dans lequel il faut prendre soin de petites créatures en leur construisant l’habitat dont elles ont besoin, est particulièrement adapté à cet objectif. » Dans le même esprit, le psychanalyste évoque Planet Coaster et Zoo Tycoon parmi ces jeux à privilégier mais conseille aussi « les jeux de rythme qui permettent de s’amuser en famille ». Aux parents d’«encourager la résilience face à l’échec et de donner des repères temporo-spatiaux à l’enfant». Vers 10 ans, le mini-gamer gagne en autonomie, « apprend à avoir une vision différente de celle des ses parents et commence à former des projets personnels, poursuit Leroux. Il peut s’immerger dans une histoire complexe comme Ico ou Shadow of the Colossus. C’est bien évidemment le moment de lui présenter Zelda. » En ne négligeant pas Civilization, Minecraft ou Mario Maker pour « faire face aux défis de tout homme : construire, faire grandir et détruire».

Et la compétition avec Mario Kart ou FIFA ? « Elle est utile au développement », note Yann Leroux, mais possède des effets pervers. « Avec les jeux vidéo, les parents peuvent aider leurs enfants à reconnaître la compétition saine de celle qui ne l’est pas et leur apprendre à améliorer son jeu pour les autres et à se satisfaire de ce qui a été vécu », au détriment de « la tricherie, l’agressivité ou la rage ». Le conseil vaut pour tous les âges.

Erwan Higuinen

@ErwanHiguinen