Les enfants sont cruels #1

Agitation extrême, mouvements désordonnés, pleurs déchirants, hurlements terrifiés… Véritable bête noire des parents, la terreur nocturne est incontestablement le plus anxiogène des troubles du sommeil, mais demeure bénigne et sans conséquence pour l’enfant. 

Votre petit ange est paisiblement endormi. Tout à coup, un cri. Il hurle, fond en larmes, se dresse sur son lit ou en sort carrément. Le cœur battant, la respiration haletante, les traits torturés et l’œil hagard, il gesticule dans tous les sens, proférant parfois des paroles laconiques ou incohérentes. Si vous tentez de lui venir en aide, rien ne se passe. En général, c’est même pire, la situation se dégradant davantage encore. Le contact est comme rompu. Et c’est normal, parce que tandis que votre enfant vous semble en proie à une indescriptible panique, son cerveau, lui, continue de dormir, progressant normalement dans les méandres du cycle de sommeil en cours. Les terreurs nocturnes sont des parasomnies intervenant généralement dans les trois premières heures qui suivent l’endormissement, pendant une phase de sommeil lent profond. Cela signifie que l’enfant dort très, très profondément et que cet éveil partiel brutal n’est pas un véritable réveil. Comme l’expliquent les docteurs Marie Thirion et Marie-Josèphe Challamel dans Le sommeil, le rêve et l’enfant (Bibliothèque de la famille, Albin Michel) « l’enfant est encore pratiquement endormi, non conscient, ne rêvant pas. À la fin de l’épisode, il retombe dans le sommeil sans transition, sans angoisse, sans difficulté. (…) il ne mémorise rien, ne sait même pas que quelque chose a pu arriver dans son sommeil et n’a pas du tout envie de le savoir». Il n’a donc aucun besoin de votre réassurance qu’il n’est d’ailleurs pas en mesure d’accepter et qui impliquerait de le réveiller, donc de casser son rythme de sommeil. Alors, respirez profondément, tout va rentrer dans l’ordre dans la demie-heure, à condition d’avoir les bons réflexes.


CE QU’il FAUT FAIRE

  • Patientez, Patientez, Patientez ! Prenez votre impuissance en patience. Les terreurs nocturnes, aussi impressionnantes puissent-elles être, n’empêchent votre enfant de dormir que si vous décidez de vous en mêler.
  • Restez auprès de votre enfant et veillez-le si vous craignez qu’il ne se fasse mal, tombe de son lit ou déambule au mauvais endroit. 
  • Recherchez avec l’aide de votre médecin, les potentiels signes favorisants comme un manque de sommeil ou un traumatisme récent (deuil, séparation, etc. ). 
  • Un changement même anodin pour l’adulte peut être vécu différemment par l’enfant, et provoquer chez lui de profonds chamboulements (nouveau mode de garde, entrée en maternelle, acquisition de la marche…).

CE QU’il NE FAUT PAS FAIRE

  • Ne le réveillez pas ! Déjà, ce n’est pas toujours facile. Ensuite, cela plongerait votre enfant dans un état de confusion extrême, qui laisserait chez lui des traces que la terreur nocturne ne laisse pas. 
  • Ne le touchez pas, n’essayez pas de le contenir ou de le prendre dans vos bras au risque de voir la situation empirer.
  • Ne lui passez pas la tête sous l’eau ! La première fois, au bout d’une vingtaine de minutes sans savoir quoi faire ou après avoir tout tenté, c’est peut-être tentant, mais totalement inefficace et un tantinet barbare. Un procédé à bannir.